Municipales à Strasbourg : l'UMP presque dans ses starting-blocks...
(-)
Tout le monde s’accorde à dire qu’il est trop tôt… Les mêmes reconnaissent néanmoins que le rendez-vous est dans toutes les têtes. Tour d’horizon des candidats potentiels à droite. Entre stratégies, confidences et indiscrétions.
Et donc ? « Un choix sera fait, on tiendra compte des personnalités en présence ? On les connaît à peu près… », concède le président de l’UMP 67, sans toutefois les nommer. Mais en dressant, en filigrane, un portrait-robot du profil recherché : « notoriété », « programme », « capacité à mobiliser et à conduire un projet ».
« Cette élection peut se jouer sur une adhésion, mais aussi sur le rejet du camp d’en face », poursuit-il, en n’oubliant pas les non-Strasbourgeois, dont la notoriété et la capacité de mobilisation peuvent être importantes.
Dans ce cas de figure, difficile de faire l’impasse sur l’ex-maire, Fabienne Keller, active sur le terrain du conseil municipal strasbourgeois. Ainsi que sur les dossiers de la capitale européenne qu’elle porte au Sénat et sur lesquels elle tente de faire front. Car si elle a perdu en 2008, la sénatrice n’en a pas moins gagné aussi en tandem avec Robert Grossmann en 2001. Aujourd’hui, elle n’a qu’un mot à la bouche : « reconquête », qui selon elle passe « par le rassemblement de la droite et du centre ».
L’ex-maire mène d’ailleurs sa barque vers l’investiture, l’air de ne pas y toucher, en évitant prudemment les écueils qui se présentent régulièrement à elle. Choisir entre Fillon ou Copé ? Elle choisit Nathalie Kosciusko-Morizet, une « femme » comme elle, « écologiste » comme elle. Imparable.
Et ce, au grand dam de ceux qui la pressent de se positionner pour l’un ou l’autre. Histoire, peut-être, de pouvoir retourner l’argument contre elle, le cas échéant. Car le futur président de l’UMP aura sans doute son mot à dire sur l’investiture du candidat à la mairie de Strasbourg.
« J’ai envie d’agir pour ma ville et je le fais en temps réel. Elle est attachante, elle a un rayonnement culturel et européen et en même temps des quartiers fragiles, qui ont besoin d’être épaulés, avec une action puissante et claire pour l’économie et l’emploi », s’épanche l’ex-maire, dans des termes qui ressemblent à s’y méprendre à un discours de campagne.
De là à former un nouveau tandem avec Robert Grossmann ? « Il faudra une nouvelle équipe, différente de la précédente. Treize années auront passé depuis 2001. » La vaisselle cassée peut-elle être recollée ? « Je n’ai jamais souhaité cela. Mais cela a jeté un voile sur le travail que nous avons fourni ensemble », déclare Fabienne Keller.
Robert Grossmann, pour sa part, dit réfléchir à une stratégie intellectuelle : « Je sais que Fabienne Keller a une envie folle de revenir, quand je vois ses choix avec son groupe du centre. Elle est où politiquement aujourd’hui, qu’elle le dise clairement. Chez Borloo avec Bornia Tarall et Marc Merger ? »
Et vous ? « Pour l’instant, ma candidature n’est pas à l’ordre du jour. Mais le moment venu, j’ai des choses à dire et je compte bien les dire en temps utile. On va devoir se voir pour en parler. Notre groupe au conseil municipal fait un vrai travail et nos idées sont régulièrement reprises par Strasbourg au Centre. »